Parfois, il est possible de penser que de tenter de tout savoir, d’avoir le contrôle sur ce qui se déroule ou sur ce qui est à venir est sécurisant. Mais à quel prix?
Par un matin printanier, de petits oisillons s’agitaient dans le nid. Maman «Étournelle» allait donner une nouvelle leçon de vol. Mia, toujours empressée à vivre de nouvelles expériences, se précipita vers sa mère. Bien qu’un certain ordre avait été établi, maman décida de changer sa méthode sans vraiment en expliquer la raison.
Mia ne comprenait pas, ayant toujours pris sa place, l’équilibre lui semblait bien parfait. Elle commençait à se fâcher, car ce nouveau changement ne faisait aucun sens. Grognant par ici, chicanant par là, elle tournait en rond dans le nid. Elle se résignait lentement, à bout d’énergie, elle finit par s’élancer vers une petite branche voisine. Trop de consignes étaient données par maman et Mia se sentait tellement incomprise. Est-ce qu’on pourrait simplement voler pour voler.
Au petit matin, se réveillant encore tourmentée, elle perdit l’équilibre et tomba hors du nid. Sans se blesser, mais encore étourdie, elle observa ce qui se passait autour d’elle. Une colonie de fourmis s’affairaient sur le petit promontoire deux volées plus loin. Elle s’avança, tout doucement sans leur faire peur, et interpela une petite charpentière.
Mia: «Hola! Dis-moi, que faites-vous?»
La charpentière: «Ah bonjour! J’apporte de la nourriture pour toute la colonie.»
Mia : «Mais, pourquoi chacune d’entre vous apportez toute cette nourriture?»
La charpentière: «Bonne question, je ne sais trop. C’est ce qu’on m’a demandé de faire!»
Mia : «Ah oui! Mais ça ne te dérange pas de réaliser cette tâche, sans vraiment savoir quelle en est la raison.»
La charpentière: «Non, pas du tout! Nous sommes toutes affairées à réaliser cette consigne. Chaque croissant de lune nous indique la quantité de nourriture ramassée. Lorsque le grand manteau blanc recouvre le sol, nous restons ensemble, en toute sécurité et à l’abri du besoin. C’est comme ça!»
Mia : «Mais, est-ce que tu as la possibilité de donner ton idée?»
La charpentière: «Oui, bien sûr! Le soir venu, nous nous racontons notre journée et échangeons nos idées. Nous faisons confiance au processus. Les meilleures idées guident nos pattes dans un élan commun, naturel et synergique sans nous poser de questions.»
Cette dernière phrase de la petite charpentière fit réfléchir Mia. Et si c’était aussi simple que cela. Elle semblait tellement heureuse et sereine. Les fourmis travaillaient dans une telle harmonie coordonnée. Peut-être y avait-il une raison derrière toutes ces consignes, une intention positive?
Mia se sentait tout à coup légère comme la brise. Tous ses tourments s’étaient envolés. Tout prenait un sens. Pourquoi ne pas jouer le jeu et vivre le résultat ? Si ça ne fonctionnait pas, peut-être pourrait-elle participer au changement en faisant partie de celui-ci. Lorsqu’elle regardait maman et ses amis voler dans le ciel, elles semblaient tellement libres et créatives malgré un ordre bien établi.
Quelques semaines plus tard, Mia avait gagné en expérience de vol et elle se lançait avec les étourneaux des environs dans un ballet d’oiseaux noir au-dessus de la cime des arbres. Suivant les autres, elle s’amusait, elle riait avec ses compagnes et compagnons, tournoyant dans tous les sens en pure harmonie. Dans un élan d’inspiration, l’un d’eux s’écria : «Pourquoi ne pas aller au-dessus du grand champ de maïs là-bas, nous aurons plus d’espace et la chaleur du soleil». Mia et les autres acquiescèrent sans hésiter devant cette belle idée remplie d’énergie et ils allèrent s’éclater. Entre les épis et les feuilles, les oiseaux voltigeaient dans une fluidité toute simple. Combinant les changements de direction répétés, les ras du sol et les montées vertigineuses, Mia était légère et se laissait aller à l’acceptation de ce qui présentait à elle. Un sentiment de lâcher-prise et de pure légèreté l’envahit à chaque voltige, à chaque changement de direction, à chaque mouvement du vent. C’était tellement simple ainsi…
Cette petite histoire fut d’écrite pour illustrer le lâcher-prise, l’acceptation de ne pas être en possession de tous les éléments et faire confiance au processus dans le but de savourer le relationnel qui la guide chaque jour! J’ai partagé l’imaginaire de Francis et Mariam pour cette création! Elle étais destinée a notre amie Andréane!
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