
Nous vivons une certaine routine qui nous pousse à être plus efficaces et plus performants tous les jours, même dans les moments les plus insignifiants. La vie est un engrenage qui tourne à un rythme que nous lui imposons. Plus nous en ajoutons, plus la vitesse augmente, plus la charge s’intensifie, plus nous sommes encouragés et poursuivons cette course intransigeante. Puis, sournoisement, la performance mute vers l’errance, l’essoufflement, la chute, les pertes. Un point de bascule qui pourrait vous mener dans un état où vous perdriez le contact avec le réel, là où le temps s’effrite, là où un voile se glisse entre vous et ceux que vous aimez, là où vous oubliez notre essence et qui nous fait vibrer comme individu.
Apprécié ou non, le terme « performance » fait partie de notre quotidien depuis longtemps. Être performant, c’est être efficace en référence avec les objectifs ou les échéanciers liés au travail ou aux études, à rencontrer les requis de notre « to-do list » quotidienne. C’est arriver à temps aux activités ou à la garderie de nos enfants. C’est tenir un agenda qui juxtapose les uns contre les autres : le gym, l’épicerie, le cours de yoga, le souper, la sortie entre ami(e)s, sans oublier la gardienne et appeler votre maman. C’est aussi se comparer dans nos loisirs : votre temps de course, votre carte de golf, le nombre de km et la durée de votre montée en montagne, sans oublier le résultat du jeu sur lequel vous espérez vous détendre. Nous sommes continuellement dans cette philosophie de faire mieux, plus vite, tout le temps. Reconnaissez-vous quelqu’un par hasard ?

Sans croire que nous puissions exclure totalement ce concept de notre vie, j’abonde davantage vers une stratégie de discernement. Il est sain de vouloir bien faire, c’est même motivant et valorisant de le croire. Au-delà de bien faire, il existe la possibilité de faire le bien en considérant vos besoins et votre équilibre. Rappelez-vous, il y a de cela très longtemps, au moment où vous avez mis sur pied en ce monde, la première chose que vous ayez faite fut de respirer. Cherchant votre souffle, le temps d’un instant, vous avez par la suite apprivoisé la situation et l’espace, puis écarté le danger. Possiblement entouré de bienveillance, vous avez trouvé un rythme plus paisible, une cohérence, une certaine quiétude. Il y a plusieurs variantes à ce moment précis de notre vie, mais l’image vise à démontrer que lorsque ça va trop vite, que l’on ne se sente pas en sécurité ou sous un stress constant, il nous est difficile de retrouver une cohérence ou de simplement baisser la tension. Bref, il s’agit de reprendre votre pouvoir et de vous écouter.
Je ne crois pas que ralentir signifie s’arrêter, ni tout laisser tomber ou d’exclure totalement les notions de performance et d’efficacité. Serait-ce simplement de faire de la place à ce qui se présente à soi, arrêter le temps pour l’espace d’un instant, relâcher la tension afin de se laisser séduire par ce qui se déroule devant soi? Serait-ce un choix qui se cache à la jonction du « je devrais » et du « je n’ai pas le temps »? Sortir de ce processus est un choix basé sur un besoin. Celui de se donner de l’espace face à une surcharge, un trop plein ou une remise en question de nos valeurs.
Ralentir, c’est faire temporairement le vide des tourments pour y laisser entrer quelque chose de nouveau.
Et si l’on ralentissait pour s’offrir une piste de liberté, des moments de contemplation, une plus grande sérénité ou entrevoir notre environnement et ce qui y vit sans filtre. Se créer un petit espace pour y laisser entrer de nouvelles stratégies, de nouveaux angles, de nouveaux éléments à réfléchir. S’arrêter dans un parc, dans un espace boisé, sortir sur le balcon, ouvrir la fenêtre. Se laisser inonder par les sons de la nature, les odeurs, les couleurs, par votre ressenti lorsque vous prenez le temps d’être simplement à l’arrêt et contempler. Quelle est la dernière fois où vous vous êtes arrêté 5 minutes pour ne rien faire, pour admirer ce qui se passe autour de vous? Ralentir, c’est imaginer au-delà du gris persistant, au-delà de l’impatience et de l’urgence qui manipule les cordes de l’ennui et de l’effervescence.
Il ne suffit que de trouver un espace où vous vous sentez bien puis fermez les yeux si c’est mieux pour vous. Régularisez simplement votre respiration dans une cohérence confortable entre l’inspiration et l’expiration. Écoutez les sons, prenez le temps de savourer les odeurs, un parfum, entendre le chant des oiseaux, d’une machine au loin. Devant ces sensations, il est même possible que certains souvenirs repassent, de nouvelles idées émergent, une nouvelle stratégie apparaisse. Il est même possible qu’un sourire se laisse percevoir au pli d’une fossette. Ralentir, c’est faire temporairement le vide des tourments pour y laisser entrer quelque chose de nouveau. Ralentir c’est côtoyer ce qui est autour de nous et se ragaillardir de leurs vibrations, s’émerveiller, admirer, voir et ressentir l’extraordinaire, bref prendre conscience que j’ai déjà beaucoup.
N’hésitez pas à commenter si c’est un sujet d’intérêt ou si vous aimiez en apprendre plus. Il est toujours possible de me contacter afin de ralentir via ma messagerie. Je vais en garder un peu pour vous raconter d’autres histoires plus tard. Maintenant, qu’est-ce qui vous empêche de ralentir?


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